1) Pourquoi la FDS, la FFA, la FFHB, et la LFB ont décidé de conjuguer leurs efforts
sur ce programme contre l’obésité, avec le concours du mécénat de Kraft Foods France
?
L’obésité est souvent la conséquence d’une mauvaise alimentation et d’un manque
d’activité physique : aujourd’hui, on mange de plus en plus mal et on fait de moins
en moins d’exercice ! Des fédérations sportives ont donc décidé de se joindre à
la Fondation du Sport pour apprendre ou réapprendre aux adolescents de 11-17 ans
quelques principes alimentaires simples parce qu’une bonne santé passe aussi par
une bonne alimentation. C’est un enjeu important pour tous les adolescents et c’est
la raison pour laquelle les fédérations décident de mobiliser les entraîneurs de
leurs clubs pour partager des informations simples et utiles sur la nutrition et
l’alimentation. Ce programme a été réfléchi puis conçu par des experts de la nutrition,
des médecins des équipes de France et des entraîneurs fédéraux qui ont travaillé
ensemble pour définir un contenu adapté à leur sport et aux adolescents. Ce programme
se veut donc fiable dans son contenu, et ludique dans sa pratique.
2) Pourquoi ce programme est-il vraiment important ?
La lutte contre l’obésité constitue aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de santé
publique et le programme “Bien manger, c’est bien joué !” est important dans la
mesure où il donne à chacun, les clés pour mieux comprendre son alimentation. Ce
programme est d’autant plus important qu’il est dispensé tôt, car c’est durant la
jeunesse que les bonnes habitudes se prennent et se gardent plus facilement. Comprendre,
le plus tôt possible, que mieux manger c’est se donner les moyens d’être en meilleure
santé, tel est le message du programme.
3) Quelle est l’étendue du programme “Bien manger, c’est bien joué !” ?
Dans un premier temps, le programme a été mis en place, en partenariat avec la FFHB,
dans la plupart des clubs de cette discipline. A l’issue des 3 années, ce sont 124
000 jeunes licenciés de 12 à 15 ans qui ont été informés sur la nutrition par les
entraîneurs de handball. Forte de ce succès, la FDS a souhaité étendre l’initiative
à la Fédération Française d’Athlétisme et à la Ligue Féminine de Basket Ball. Plus
de 100 000 jeunes sportifs en France sont donc susceptibles d’être touchés par l’opération
« Bien manger, c’est bien Joué ! »
4) Est-on dans l’obligation de suivre ces principes alimentaires ?
Ce programme est important et le choix qu’ont fait les institutions sportives (FFHB,
FFA, LFB) de le mettre en oeuvre témoigne de leur volonté de voir, à terme, tous
les jeunes pratiquants de handball, athlétisme et basket ball âgés de 11-17 ans
y participer. Mais ces 10 séances de 10 minutes ne sont pas à prendre comme un cours
de plus dans la journée ou dans la semaine. C’est pour cette raison d’ailleurs que
nous avons privilégié l’interactivité pour ces séances afin d’être le plus distrayant
possible. L’objectif n’est pas de prendre la séance sur le ton de la contrainte,
mais sur celui du conseil.
5) Pourquoi s’adresser uniquement aux 11-17 ans ?
Nous avons choisi de nous adresser aux 11-17 ans parce que l’équilibre alimentaire
est essentiel à l’adolescence. L’alimentation doit, en effet, être adaptée à la
croissance et au développement du futur adulte. L’adolescence est aussi une période
caractérisée par une relative autonomie alimentaire où les ados peuvent s’exposer
à des risques accrus (obésité, carences alimentaires).
6) Pourquoi avoir choisi l’athlétisme, le basket-ball et le handball comme disciplines
sportives ?
Parce que le handball, l’athlétisme et le basket-ball sont trois sports pratiqués
aussi bien par les filles que par les garçons, notamment par les jeunes.
7) Quel est l’intérêt des partenaires dans ce programme ?
Pour la Fondation du Sport et le mécène KFF, tout autant que pour les fédérations,
l’objectif de ce programme est de sensibiliser les adolescents autour de l’importance
de l’équilibre alimentaire. Face au problème de société qu’est l’obésité, Kraft
Foods France mécène du programme porté par la Fondation du Sport, entend apporter
avec d’autres acteurs, et en particulier la FFA, la FFHB et la LFB une contribution
qui passe notamment par l’information de proximité. C’est tout l’objet de “Bien
manger, c’est bien joué !”.
8) Quelle est la mission de la Fondation du Sport ?
Institution indépendante sans but lucratif bénéficiant du soutien du Ministère de
la Santé, de la Jeunesse, et des Sports, la Fondation du Sport a été créée en décembre
2003 sous l’égide de la Fondation de France. Soutenue à sa création par dix grandes
entreprises privées, la Fondation du Sport a pour mission de développer l’action
sociale par le sport (lutte contre la violence, aide à l’insertion dans la vie active,
promotion de la parité, soutien aux personnes handicapées…). C’est aujourd’hui 18
entreprises mécènes qui l’accompagnent.
9) Quelle est la mission de Kraft Foods France ?
Dans le cadre du programme “Bien manger, c’est bien joué !”, Kraft Foods France
n’entend en aucun cas promouvoir ou distribuer ses produits. La conception de ce
programme se fonde sur la volonté du groupe de participer de manière innovante à
l’information nutritionnelle et au développement de bonnes habitudes alimentaires
par l’éducation et le sport. Ce programme est conçu comme une illustration de son
engagement d’entreprise participant à la vie de la communauté dans laquelle elle
exerce son activité.
11) Comment évalue-t-on le surpoids et de quelle manière peut-t-on calculer son poids
idéal ?
C’est une question à laquelle il est difficile d’apporter une réponse générale.
En effet, ce critère dépend de plusieurs facteurs et seul un médecin est à même,
dans le cadre d’une consultation, d’évaluer le degré de surpoids. En revanche, on
peut se faire une première idée avec le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC
= poids en kg/taille en mètre x2). Si IMC inférieur à 18,5 = déficit pondéral Si
IMC entre 18,5 et 25 = poids normal Si IMC entre 25 et 30 = surpoids Si IMC plus
de 30 = obésité Le poids idéal, c’est celui que l’on doit peser pour être en bonne
santé. C’est aussi et surtout le poids avec lequel on se sent le mieux dans son
corps. Calculer son poids idéal n’est pas une chose simple et il ne faut pas croire
que c’est le seul résultat d’une simple opération mathématique. Il faut bien comprendre
que nous sommes tous différents d’un point de vue morphologique et qu’il y a, de
ce fait, d’autres facteurs à prendre en compte pour déterminer son poids idéal.
En revanche, on peut calculer son indice de masse corporelle (IMC) qui pourra déjà
donner une idée du poids vers lequel il est conseillé de se rapprocher.
12) J’ai des problèmes de poids et je souhaite maigrir. Comment faut-il faire ?
La première chose est de revenir à de bonnes habitudes alimentaires. Inutile de
se lancer dans un régime draconien. Préférez d’ailleurs le terme “habitudes alimentaires”
que régime, trop restrictif. Pour perdre un peu de poids, il n’y a pas de solution
miracle : il faut faire attention à ce que l’on mange et surtout pratiquer des activités
physiques régulières. Souvenez-vous de la tactique santé de l’étape 1 : alimentation
équilibrée + activité physique. En revanche, si votre problème de poids est important,
le conseil d’un médecin/nutritionniste peut s’avérer nécessaire.
13) Pourquoi y a-t-il des personnes plus “fortes” que d’autres ?
Certains sont grands, d’autres plus petits, certains sont minces, d’autres plus
forts. Il y en a qui mangent beaucoup et qui ne grossissent pas, et d’autres, pour
qui le moindre écart se paye sur la balance. Nous sommes tous différents et c’est
ce qui nous rend tous uniques ! Il est simplement important de bien connaître son
corps et ses habitudes, de connaître ses limites, de mesurer ses excès afin de maintenir
son poids de forme, c’est-à-dire le poids avec lequel on se sent le mieux !
14) Pourquoi faut-il faire attention à son poids ?
Il est important de conserver un équilibre au niveau de son poids car celui-ci a
un lien direct sur la santé. Une personne trop maigre (anorexie) comme une personne
trop forte (obésité) mettent leur santé en danger et sont plus facilement exposées
à des risques cardiovasculaires, psychologiques, etc. Il est donc essentiel de surveiller
son poids sans tomber dans l’obsession : de l’équilibre avant tout ! Rappelons-nous
de l’étape 4 : Limiter la consommation de certains aliments plutôt que l’interdire
!
15) Quel est le nombre journalier de calories conseillé chez les filles et les garçons
?
On estime les besoins d’un ou d’une adolescente entre 1 800 et 3 500 calories par
jour selon son âge, sa taille, ses activités physiques, etc.
16) Pourquoi dit-on toujours que le fast-food est mauvais pour la santé ?
Si le fast-food est parfois associé à une mauvaise alimentation c’est parce que
l’on retrouve dans ces repas tout ce qui est déconseillé : un repas consommé trop
vite, un excès de glucides simples (sodas grande taille), un excès de graisse (sauce,
huile…) le tout en même temps. C’est pourquoi, s’il ne faut pas s’interdire de manger
au fast-food, il faut s’efforcer de limiter le nombre de fois où l’on y va (par
exemple, une fois par semaine). Et puis, bien sûr, avoir une activité physique régulière.
Dans le cas d’une fréquentation régulière du fast-food, il faut essayer de respecter
quelques principes : W privilégier le hamburger de base, avec un seul steak haché
et des légumes, W dans les sandwiches comme avec les frites, préférer le ketchup
ou la moutarde à la mayonnaise (très grasse),
• remplacer de temps en temps les frites par une salade
• préférer la salade de fruits ou le yaourt aux crèmes glacées,
• privilégier l’eau ou éventuellement les jus de fruits sans sucre ajouté.
17) Qu’est-ce que l’obésité et comment la mesure-t-on ?
D’un point de vue médical, l’obésité est un “excès de masse grasse entraînant des
inconvénients pour la santé”. On parle d’obésité quand l’Indice de Masse Corporelle
(IMC) dépasse le seuil de 30. À partir de cette limite, l’obésité peut être plus
ou moins avancée avec des risques plus ou moins importants. Il faut alors en parler
avec son médecin.
18) Qu’est-ce que la boulimie et comment la mesure-t-on ?
La boulimie peut être définie par une relation anormale que l’on entretient avec
la nourriture. Elle se caractérise par des conduites dites “boulimiques” qui consistent
à manger une grande quantité de nourriture de manière incontrôlée. Parfois, des
moyens sont utilisés (vomissement, laxatifs…) pour éliminer l’excès de calories
ingérées. C’est une maladie relativement répandue chez les adolescents (plus fréquemment
chez les filles) qui justifie un traitement médical. Ainsi, face à tout cas de boulimie,
il est préférable d’encourager l’adolescent à consulter un médecin (médecin de famille,
généraliste, nutritionniste…).
19) Qu’est-ce que l’anorexie et comment la mesure-t-on ?
L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par des restrictions
alimentaires particulièrement sévères allant même jusqu’à refuser de s’alimenter
pendant plusieurs jours. C’est un comportement à risque qu’il faut surveiller de
très près. Comme la boulimie, c’est une maladie qui est particulièrement fréquente
à l’adolescence et qui justifie un traitement médical.
20) Quels sont les dangers de ces maladies ?
L’obésité, la boulimie comme l’anorexie sont des maladies qui présentent des risques
importants pour la santé (diabète, risques cardiovasculaires, dépression…). Il est
important de les repérer très vite chez l’adolescent et d’agir le plus rapidement
possible en consultant un spécialiste.
21) Je connais une personne dans ce cas. Qui doit-elle consulter ?
Une personne touchée par ce genre de problème doit, tout d’abord, être aidée par
son entourage. Elle ne doit pas en avoir honte et, même si ce n’est pas facile,
elle doit pouvoir en parler. Il ne faut pas sous-estimer le problème et il est essentiel
de consulter un médecin. Ce dernier sera
22) Quelles sont les causes de ces maladies ?
Obésité : Les causes de l’obésité sont multiples : régime alimentaire déséquilibré,
sédentarité mais ce ne sont pas les seuls facteurs qui influencent le poids de l’adolescent.
Il faut aussi prendre en compte les facteurs d’ordre génétique, métabolique, psychologique
et social.
Boulimie : Les causes de la boulimie sont multiples : un mauvais contrôle
des habitudes alimentaires, un stress interpersonnel (caractérisé par des relations
problématiques avec l’entourage), un modèle de lutte contre l’anxiété ou une situation
de mal être. Pour lutter contre ces différents problèmes, l’adolescent se tourne
alors vers une prise incontrôlée de nourriture.
Anorexie : L’anorexie est un refus de s’alimenter. Ses causes peuvent être
de nature psychique ou organique.
23) Est-il vrai que les régimes ne sont pas conseillés à l’adolescence ?
Les régimes draconiens trop restrictifs ne sont pas conseillés aux adolescents car
ils peuvent se révéler, à terme, dangereux pour l’organisme au moment où celui-ci
se transforme. Ce qui est important c’est que chacun gère son poids en fonction
de ses spécificités, et s’il doit y avoir régime, que celui-ci soit vraiment adapté
aux besoins nutritionnels de chaque individu. Ainsi, pour perdre du poids, il est
d’abord conseillé d’adopter un comportement alimentaire équilibré et de pratiquer
régulièrement une activité physique. Et de consulter un médecin (généraliste, nutritionniste)
si cela ne suffit pas.
24) J’ai tendance à beaucoup manger. Faut-il s’en inquiéter ?
À l’adolescence, certains jeunes, en particulier les garçons, ont tendance à beaucoup
manger. Il ne s’agit pourtant pas de boulimie. C’est un comportement normal : l’adolescent,
en pleine croissance, a parfois besoin d’un apport énergétique plus élevé que celui
de son père. Attention, tout de même à la qualité des repas et à bien pratiquer
une activité physique à côté pour compenser !
25) Que faut-il penser des substituts de repas ou des coupe-faim pour maigrir ?
Les substituts de repas ne sont pas une solution et surtout pas à l’adolescence.
La meilleure recette pour avoir un poids stable, est une alimentation équilibrée
et une activité physique en parallèle ! Ces prépa- rations sont cependant en général
bien équilibrées sur le plan nutritionnel, à condition de faire au moins un vrai
repas dans la journée. Les substituts sont donc intéressants quand ils sont utilisés
dans le cadre de mesures globales qui associent pratique d’un sport et régime varié.
L’un des principaux problèmes est que ces préparations sont monotones dans leur
goût et leur présentation. De plus, un régime à 1 000 Kcal par jour ne peut pas
être prolongé plus de deux à trois semaines. Il doit être arrêté progressivement
pour éviter de reprendre tout de suite du poids. Quant aux coupe-faim, ces produits
ne sont pas recommandés pour l’organisme et ne constituent pas une solution pour
maigrir. À déconseiller !
26) Que faut-il penser des produits dits lights ?
Attention au produit light et à la définition du produit indiqué : ce n’est pas
parce qu’un produit est light ou “allégé” qu’il ne contient pourtant pas de sucre
ou de graisse. Souvent parce qu’un produit est light, on n’hésite pas dans sa consommation.
Parfois, il vaut mieux consommer un produit “normal” que 2 produits light. Soyez
donc attentif à ce que vous mangez et aux étiquettes!
27) Le pain fait-t-il grossir ?
Non. De nombreuses personnes l’éliminent de leur alimentation en pensant que cet
aliment fait grossir. Or le pain est un féculent qui doit être présent à chaque
repas en quantité raisonnable. Les autres féculents comme les pommes de terre, les
céréales, les pâtes ou les légumes secs ont souvent bien mauvaise réputation. Pourtant
ils ne font pas forcément grossir. Riches en calories, ils constituent la principale
source d’énergie de l’organisme. Il faut donc en consommer, bien alterner et varier
les repas, afin de favoriser notamment les fruits et légumes.
28) Les pâtes font-elles grossir ?
Non. Tout comme le pain, les pâtes ne font pas spécialement grossir. Excellent féculent,
une consommation régulière, en accompagnement de légumes, est conseillée, surtout
lorsque l’on pratique une activité physique. En revanche, ce sont souvent les accompagnements
des pâtes (crème fraîche, fromage, sauces…) qui font grossir et qu’il convient de
surveiller !
29) Quels sont les aliments qui font grossir ?
La consommation excessive d’aliments riches en matières grasses et/ou en glucides
simples (pâtisseries, viennoiseries, crèmes dessert, glaces, barres chocolatées,
sirops, sodas, bonbons, biscuits apéritif…) entraîne une prise de poids.
30) Sauter des repas aide-t-il à faire maigrir ?
Non. Il est même fortement déconseillé pour l’organisme de sauter un repas. Même
en cas de régime, cette pratique est à éviter absolument ! Au contraire, pensez
à bien prendre vos 3 repas de la journée et si possible 1 goûter.
31) Le régime basé sur la consommation unique d’un aliment est-il efficace pour maigrir
?
Non, au contraire. Souvenez-vous que notre corps a un besoin journalier d’apports
en macro-nutriments (le GPL : Glucides, Protéines, Lipides) et en micro-nutriments.
En somme, pour l’équilibre alimentaire, comme pour le plaisir, il faut consommer
chaque jour des aliments différents.
32) Boire de l’eau en quantité démesurée aide-t-il à maigrir ?
Non. L’eau est indispensable à l’organisme et il faut en boire régulièrement, environ
1,5 l par jour. Toutefois, en boire une quantité démesurée ne vous fera pas plus
maigrir . Au contraire, cela risque de provoquer une hyponatrémie et des désordres
métaboliques dangereux pour votre santé.
33) Le thé fait-il maigrir ?
Non. C’est une idée reçue. La théine ne fait pas maigrir.
34) L’ananas aide-t-il à perdre du poids ?
Non. C’est une idée reçue. L’ananas ne fait pas maigrir.

35) Comment réagir face à un(e) adolescent(e) qui, dans le groupe, est concerné(e)
par le surpoids ou l’obésité ?
Il est important de rester naturel en s’adressant à l’ensemble du groupe sans mettre
l’adolescent en surpoids à l’écart. Il faut insister sur le fait que la nutrition
concerne tout le monde sans exception, parce qu’un bon équilibre alimentaire est
important pour la santé. Expliquer à tous que le surpoids a de multiples causes
et qu’il est souvent vécu comme un handicap, source de souffrance. Le surpoids ne
doit pas être vécu comme une honte. Il est important d’en parler, car ce n’est pas
qu’une affaire d’esthétique, c’est aussi un facteur de risque pour la santé qui
peut parfois nécessiter une consultation médicale. L’information donnée lors de
ces séances a justement pour but de mettre en évidence les bonnes pratiques en matière
d’équilibre alimentaire et cela concerne la plupart des adolescents, y compris les
plus minces.
36) Comment présenter des messages sur la nutrition sans stigmatiser une personne
dans le groupe ?
Il faut présenter la nutrition comme faisant partie des apprentissages que l’on
doit tous acquérir, au même titre que l’on apprend à se laver, à s’habiller en fonction
de la température extérieure, à se reposer quand le corps en a besoin, à ne pas
s’exposer à des dangers physiques. On doit aussi savoir se nourrir correctement
pour maintenir le corps en bonne santé. Bien manger est l’affaire de tous car c’est
la base d’une bonne santé. Chacun doit apprendre ce qu’est une alimentation correcte,
et de pouvoir en parler avec son entourage. Bien manger aujourd’hui, c’est peut-être
s’éviter de multiples problèmes à l’âge adulte. Cela garantit aussi de se sentir
en pleine forme physique, intellectuelle et psychologique. C’est ainsi mettre toutes
les chances de son côté pour réussir à faire face à toutes les tâches auxquelles
sont soumis quotidiennement les adolescents.
37) Que peuvent être les principales causes psychologiques de l’obésité ?
Il est très difficile de passer en revue succinctement les différentes causes psychologiques
de l’obésité tant celles-ci sont nombreuses et souvent étroitement liées les unes
aux autres. De plus, elles sont la plupart du temps totalement inconscientes, et
donc difficilement perceptibles par les sujets eux-mêmes et par leur entourage.
• La boulimie induite par le milieu familial : Les liens particuliers mère-enfant
peuvent agir comme déclencheurs de l’obésité. Certaines mères ne parviennent à exprimer
leur amour à leur enfant qu’à travers la fonction nourricière. Elles se sentent
de bonnes mères en suralimentant leur bébé. Celui-ci se développe alors comme un
“beau gros bébé”, ce qu’elles considèrent comme preuve de bonne santé et d’épanouissement.
L’enfant ne peut refuser les aliments sans que la mère ne se sente rejetée. Il se
laisse aller peu à peu à cette dépendance dont il est inconsciemment prisonnier.
Au moment de la puberté, l’adolescent peut essayer de se dégager de cette dépendance
en se rebellant. Mais la situation est souvent très mal vécue par la mère. L’adolescent
se trouve alors envahi par une grande culpabilité qui décourage ses tentatives d’autonomie.
• La boulimie comme modérateur d’angoisse : La boulimie peut être aussi un moyen
de faire face à différents stress affectifs tels que tristesse, déception, colère,
sentiment de vide intérieur ou anxiété. La nourriture est alors ressentie comme
un calmant. Elle devient un moyen de contrôler les sentiments négatifs, de diminuer
les tensions ressenties, de compenser les frustrations et d’atteindre un certain
degré de satisfaction. Mais lorsque l’enfant, et surtout l’adolescent, se met ensuite
à grossir, il supporte souvent très mal ce nouveau corps disgracieux. Il se dégoûte,
se sent rejeté, mal aimé, incompris, et compense ce nouveau stress affectif par
la nourriture. Un cercle vicieux s’installe. L’adolescent se sent prisonnier, impuissant,
incapable de mettre fin à cette situation, ce qui vient renforcer la mauvaise image
qu’il a de lui-même.
• L’obésité comme “cuirasse” : L’obésité peut aussi avoir une fonction de protection
face à l’extérieur qui peut être ressenti comme menaçant. Certaines situations sont
ressenties comme très angoissantes. Il peut en être ainsi pour la compétition sportive,
la séduction ou la sexualité. L’obésité sert à éviter de se retrouver confronté
à d’éventuels échecs ou déceptions pénibles. Inconsciemment, l’adolescent ne se
sent pas suffisamment sûr de lui pour affronter ces situations. Il préfère les éviter,
quitte à être mis à l’écart et souffrir de moqueries constantes. Dans des cas beaucoup
plus rares, l’obésité est associée à de graves pathologies de la personnalité, et
est alors le plus souvent accompagnée d’autres troubles importants du comportement.
Le rôle des facteurs génétiques dans le développement de l’obésité a été largement
mis en avant depuis une dizaine d’années ; mise en évidence par exemple de la leptine,
de différentes protéines découplantes, de nouveaux neuromédiateurs impliqués dans
la prise alimentaire. Toutefois, la proportion de l’influence de ces facteurs génétiques
n’est pas clairement établie et la part de l’environnement, au sens large, dans
le gain de poids reste prédominante. Par exemple, l’augmentation de l’obésité, dans
un grand nombre de pays différents, ne peut pas être rapportée à un changement du
“pool” génétique ou des modifications de la fréquence de gènes en rapport avec l’obésité.
(source rapport “pour une politique nutritionnelle de santé publique en France”
juin 2000).
38) Que faire lorsque l’on remarque qu’une personne en surpoids est mise à l’écart
au sein d’un groupe ?
En tant qu’adulte, il est important de prendre position face à cette mise à l’écart
et de signifier à tous qu’elle est inacceptable, au même titre que l’on n’exclut
pas quelqu’un à cause de sa couleur de peau, de son handicap ou d’une malformation
physique… Il est important d’expliquer à tout le groupe, en présence de l’adolescent
en surpoids, que l’obésité peut avoir de nombreuses causes et que, dans tous les
cas, elle est vécue comme un handicap. Elle est source de souffrance, même si la
personne ne le montre pas ou semble s’en moquer. Mettre à l’écart quelqu’un qui
souffre de surpoids, c’est rendre l’effort d’amaigrissement encore plus difficile.
Il risque de déprimer et de chercher une consolation dans la nourriture. Un cercle
vicieux s’installe, dont il est très difficile de sortir. Perdre du poids n’est
pas qu’une question de volonté. Il est aussi difficile de maigrir que d’arrêter
de fumer sans être soutenu par l’entourage. Les tentations sont incessantes, le
découragement et les rechutes sont fréquents.

39) Je fais le ramadan. Suis-je pour autant en déséquilibre alimentaire pendant la
journée ?
Non. En revanche, il est essentiel de bien se préparer quelques jours avant le mois
de jeûne et adopter une alimentation équilibrée le plus tôt possible. Avant l’aube,
il faut faire l’effort de se lever pour faire un repas copieux et boire beaucoup.
Cela aidera à affronter la journée qui commence et à tenir jusqu’au soir. Le soir,
il est essentiel de bien manger avant de se coucher mais cela ne signifie pas trop
manger.
40) De par ma religion, je ne mange pas de porc, est-ce que cela peut entraîner des
déséquilibres ?
Non, absolument pas. Les autres viandes peuvent apporter les nutriments (protéines,
fer…) nécessaires à l’organisme, tout comme le poisson et les autres produits de
la mer qui constituent d’excellentes sources de protéines et minéraux.
41) Je suis un régime de type végétarien, est-ce que cela peut entraîner des déséquilibres
?
Le régime végétarien se caractérise par l’élimination, dans l’alimentation, de tous
les produits d’origine animale à l’exception des oeufs et des produits laitiers.
Toutefois, alimentation végétarienne et équilibre alimentaire peuvent aller de pair
à condition de connaître certaines règles et de les appliquer. On s’efforcera d’équilibrer
son apport protéique avec les oeufs, les produits laitiers et les aliments végétaux
riches en protéines (haricots secs, lentilles, sojas). Il faudra également être
attentif à ce qu’un apport excessif en fibres n’entrave pas l’absorption du fer,
des vitamines et des oligo-éléments. Néanmoins, il faut savoir que ce type de régime
rend très difficile la satisfaction des besoins en acides aminés indispensables,
en fer, en calcium et en certaines vitamines. C’est pourquoi certains substituts
et compléments alimentaires existent. Sans apport, ce régime végétarien peut, à
long terme, faire courir des risques pour la santé, notamment pour les enfants et
les adolescents.

42) Quels sont les bons et les mauvais aliments pour le sport ?
Seule l’alimentation des sportifs de haut niveau, qui pratiquent des entraînements
intensifs et réguliers, est particulière et doit être prise en charge par un spécialiste.
Les autres sportifs doivent essentiellement respecter les grands principes de l’alimentation
pour tous.
43) Est-il intéressant de prendre des compléments alimentaires pour être plus performant
?
Non. Le recours à des compléments alimentaires diététiques censés améliorer les
performances n’a pas de justification nutritionnelle, sauf dans certains cas précis
et sur avis médical.
44) Comment éviter les malaises ?
L’alimentation peut être quelques fois au centre de petits problèmes comme des malaises
ou des sensations de vertige. Cela n’arrive que lors d’anomalies alimentaires, c’est-à-dire
lorsque la qualité des aliments, la quantité et les moments d’apports ne sont pas
adaptés. Mais il faudra toujours s’assurer avec un bilan médical de l’origine seulement
diététique du malaise. Un bon équilibre alimentaire avec un respect des rythmes
d’apports (3 repas par jour plus une collation ; règle des 3 heures avant l’activité,
compléments alimentaires si activité supérieure à deux heures) reste une garantie
contre les malaises d’origine alimentaire. Il faut éviter également la prise de
glucides simples trop proches du début de l’activité. Le risque d’hypoglycémie réactionnelle
notamment chez les sujets stressés se trouve alors majoré.
45) Le végétarien est-il moins performant ?
Le principal risque d’une alimentation végétarienne est un manque en fer et en protéines.
Pour avoir une alimentation équilibrée, le végétarien doit respecter les principes
suivants :
• consommer tous les jours des légumes secs (haricots blancs, pois chiches, lentilles…)
et des céréales (pain, riz, pâtes, semoule…), des oeufs (et si possible du poisson),
3 ou 4 produits laitiers et au moins 5 fruits et légumes,
• associer des produits céréaliers à des légumes secs pour l’apport en protéines
: semoule et pois chiches, riz et lentilles… Dans ce cas, le végétarien ne sera
pas moins performant qu’une personne non végétarienne.
46) Peut-on mettre du sucre dans sa bouteille d’eau à l’entraînement ?
Non, cela n’est pas nécessaire. Seul un effort très intense et d’une durée supérieure
à 2 heures peut nécessiter un apport d’énergie. Il est alors plus intéressant de
consommer une barre de céréales ou un fruit plutôt que de boire de l’eau sucrée.
47) Quelle est la meilleure chose que l’on puisse manger lors d’une pause pendant
un effort physique ?
Des glucides. Le facteur à prendre en compte dans ce contexte de pleine activité
sportive sera la vitesse d’assimilation. Nous savons aujourd’hui que les glucides
complexes, tels que l’amidon des céréales, sont pratiquement aussi vite assimilés
que les glucides simples lorsqu’ils sont pris en dehors des repas. Nous pouvons
donc conseiller une association des glucides simples et complexes avec des barres
de céréales et des pâtes de fruits. On peut aussi proposer des fruits secs, aliments
à forte densité énergétique et en nutriments préférentiels du muscle, qui semblent
moins source d’hypoglycémie réactionnelle.
48) Quels sont les régimes qui permettent de “gagner du muscle” ?
Il faut toujours garder à l’esprit que pour être performant, il faut avoir des apports
alimentaires équilibrés. Un entraînement spécifique avec une alimentation diversifiée
et complète doit permettre une construction ou reconstruction musculaire suffisante.
Il faut veiller principalement dans ces périodes de “préparation musculaire” aux
apports suffisants en protéines (viandes, poissons, oeufs, laitage). On peut ajouter
dans les aliments un peu plus spécifiques de la levure de bière, à saupoudrer sur
certaines préparations (viandes, crudités…). Sa teneur moléculaire est intéressante
principalement en matière de reproduction cellulaire. Des repas avec des viandes
riches en fer, des féculents, un légume comme les épinards qui favorisent particulièrement
l’anabolisme musculaire et un fruit riche en vitamine C sont à conseiller. Mais
attention, cela ne doit se faire que dans le cadre de sportifs de haut niveau et
encadrés par des médecins nutritionnistes.
49) Quels sont les menus des sportifs de haut niveau en compétition ?
Les menus des sportifs doivent permettre aux athlètes de garder l’envie gustative,
mais aussi correspondre aux étapes physiologiques. Dans un contexte compétitif équivalent,
un adolescent en pleine croissance n’aura pas les mêmes besoins qu’un sportif plus
âgé. On ne peut donc pas faire du “copier-coller” entre les menus des grands sportifs
reconnus et le jeune en formation. De la même manière, on ne mange pas tout à fait
de la même façon en regard de l’intensité et du volume de la pratique. Un championnat
du monde avec des efforts rapprochés en une semaine ne s’aborde pas tout à fait
comme une semaine au lycée. L’équilibre alimentaire reste néanmoins toujours le
principe de base.
Menus types lors des stages en équipes de France
Le petit-déjeuner sera sous forme continentale, mais devra toujours comprendre :
- peu ou pas de viennoiserie, privilégier le pain frais,
- café, thé ou chocolat au lait au choix,
- beurre, confiture,
- yaourts nature,
- des céréales,
- jus de fruits et eau plate,
- jambon, oeufs, fromage peuvent être proposés.
Le déjeuner : Les quatre points doivent être proposés :
- une crudité ou une salade de féculents froids (salade niçoise, taboulé…),
- un plat chaud avec :
volaille ou viande rouge ou poisson,
et
un féculent (si pas de féculents en entrée),
et
un légume vert cuit,
et
salade verte,
- yaourts natures ou aromatisés, un dessert lacté ou une assiette de fromage,
fruits frais, salade de fruits, compote ou tarte aux fruits.
Le dîner :
- une soupe ou une entrée légère,
- un plat chaud avec :
volaille ou poisson,
et
un légume vert cuit,
et
un féculent (en faible quantité),
- yaourts ou fromages blancs ou fruits (toujours un dessert FAIBLEMENT sucré).
Les collations (seuls les jours précisés par l’encadrement) :
Elles correspondent globalement à un petit-déjeuner classique avec possibilité de
:
- fromage style emmental, gouda ou mimolette,
- jambon blanc dégraissé,
- gâteau de riz ou de semoule.
Tous les repas devront comprendre le choix entre eau plate et eau gazeuse (1 litre
pour trois sportifs).
Pas de sodas.
50) Quels sont les risques d’une consommation d’alcool chez les jeunes ?
Une consommation excessive d’alcool est dangereuse pour tout individu, et celle-ci
est particulièrement déconseillée à l’adolescence. Comme la cigarette, le risque
de dépendance est élevé ! Une consommation abusive d’alcool engendre, à terme, des
risques pour l’organisme (dépendance, maladie cardiovasculaire, cirrhose…) et aussi
des risques sur son entourage (association de la consommation d’alcool et conduite,
violence, comportements à risques…).
51) L’alcool fait-il grossir ?
Oui. La consommation d’alcool fait grossir.

52) Fumer aide-t-il à couper la faim et donc à maigrir ?
Non, fumer aide peut-être à faire oublier la sensation de faim juste le temps de
la cigarette, mais celle-ci éteinte, la sensation revient. En revanche, fumer contribue
à développer des maladies graves, comme le cancer du poumon et les maladies cardiaques.
53) Arrêter la cigarette fait-il grossir ?
Non, arrêter la cigarette ne fait pas spécialement grossir. Certains compensent
le besoin de nicotine ou la “pause clope” par des grignotages réguliers. Ce n’est
pas la solution. Avoir une bonne hygiène de vie, en alliant alimentation équilibrée
et surtout dans ce cas, activité physique, évitera ces fameux grignotages et aidera
à oublier l’envie de cigarette.
54) Est-ce que le fait de fumer jeune engendre des complications au niveau de la
croissance ?
Oui, fumer engendre des complications pour la santé : la croissance peut en effet
être affectée. Une bonne hygiène de vie se fait donc par une alimentation équilibrée,
la pratique d’une activité physique mais aussi sans tabac et sans alcool.
55) Est-ce que, plus on fume tôt, et plus on a du mal à pouvoir s’arrêter ?
Oui, fumer entraîne une dépendance et il peut être très difficile de s’arrêter.
Il est donc fortement conseillé de ne pas commencer !